23 août 2017

Prévoyance vieillesse 2020 : une entourloupe de plus pour les femmes

Note de la rédaction: Entremont Autrement n'a pas encore pris officiellement position sur cet objet fédéral, mais le fera dans les prochains jours.

Je ne sais pas vous, mes amies, mes sœurs, mes compatriotes, mais moi je voterai non à la Prévoyance vieillesse 2020, par solidarité avec toutes les femmes défavorisées de notre pays.

Le fait que les femmes de gauche soutiennent dans leur grande majorité cette révision de l’AVS me laisse pantoise. A coup sûr, elles n’ont pas turbiné à la chaine dans les abattoirs ou trimé par tous les temps dans les champs de carottes ou dans les vignes. A coup sûr, elles ne sont pas levées tous les matins à 04h00 pour traire les vaches et n’ont pas terminé leur journée à 22h00, après le repassage et le paiement des factures (cette dernière activité leur provoquant très souvent une bonne insomnie). A coup sûr, elles ne se sont pas coltiné 16 heures par jour de travail comme le font les mères de famille nombreuse ou les mères célibataires qui doivent travailler et élever seules leurs enfants. A coup sûr, elles n’ont jamais besogné comme serveuse dans des bistrots pourris 10 heures par jour pour un salaire de misère (en-dessous de Fr. 3'000.- brut parfois). A coup sûr, elles n’ont jamais subi sur leur lieu de travail harcèlements en tout genre, menaces, dénigrement, mépris. A coup sûr, elles ne se sont jamais rendues au travail la boule au ventre. A coup sûr, elles n’ont jamais eu la peur de perdre leur emploi. A coup sûr, elles n’ont jamais collaboré avec des collègues masculins mieux payés qu’elles pour le même travail et, dans le meilleur des cas, le même rendement. Je pourrais continuer, mais bon, vous avez compris le message…

Les femmes devront passer à la caisse alors que leur salaire est encore de 18 % inférieur à celui des hommes et qu’elles accomplissent encore à l’heure actuelle bien davantage de travaux non rémunérés que les hommes. La différence salariale pèse 7,7 milliards de francs et se traduit par une différence de Fr. 585.- par mois dans la moyenne du secteur privé. Pour combler cette inégalité salariale, l’âge de la retraite des femmes devrait être de …. 57 ans.

L’argument de Karin Keller-Sutter selon lequel les femmes verront l’effet de leur sacrifice dissipé par l’extension de la rente AVS me paraît également convaincant. Elles apporteront 1,2 milliards à l’AVS mais le bonus de Fr. 70.- coûtera 1,4 milliards de francs. De quoi nous laisser songeuses…Certains argumenteront que les femmes profiteront de ces Fr. 70.-. Et bien non ! Une femme touchant la retraite moyenne devra vivre jusqu’à 94 ans pour compenser l’année perdue. Pour celles qui n’ont que l’AVS (40 %), le bonus sera mangé par la baisse des prestations complémentaires.

Nous, les femmes, devons exiger que tous les moyens soient mis en œuvre pour que l’égalité salariale, inscrite dans la Constitution, soit respectée, avant d’entrer en discussion pour une égalité de l’âge de la retraite.

Bernadette Murisier

19 août 2017

Antoine Cretton dans le Temps

Antoine Cretton, conseiller communal EA à Bagnes en charge des constructions, est interrogé par Xavier Lambiel du Temps au sujet des nouvelles révélations à Verbier. Voici sa réponse


Pour relire notre communiqué à ce sujet, cliquez ici.

Réflexion pour la rentrée scolaire

A l’heure où nos petits chérubins commencent leur année scolaire, j’aimerais vous faire partager un extrait de l’essai Les Yeux Ouverts, paru en 1980, aux éditions Le Centurion. Les Yeux Ouverts rassemble un ensemble d’interviews de l’écrivaine et poète Marguerite Yourcenar (1903-1987), qui fut la première femme élue au sein de l’Académie française. Cet extrait n’a rien perdu de son actualité.

« Je condamne l’ignorance qui règne en ce moment dans les démocraties aussi bien que dans les régimes totalitaires. Cette ignorance est si forte, souvent si totale, qu’on la dirait voulue par le système, sinon par le régime. J’ai souvent réfléchi à ce que pourrait être l’éducation d’un enfant. Je pense qu’il faudrait des études de base, très simples, où l’enfant apprendrait qu’il existe au sein de l’univers, sur une planète dont il devra plus tard ménager les ressources, qu’il dépend de l’air, de l’eau, de tous les êtres vivants, et que la moindre erreur ou la moindre violence risque de tout détruire.
Marguerite Yourcenar

Il apprendrait que les hommes se sont entre-tués dans des guerres qui n’ont jamais fait que produire d’autres guerres, et que chaque pays arrange son histoire, mensongèrement, de façon à flatter son orgueil.

On lui apprendrait assez du passé pour qu’il se sente relié aux hommes qui l’ont précédé, pour qu’il les admire là où ils méritent de l’être, sans s’en faire des idoles.

On essaierait de le familiariser à la fois avec les livres et les choses ; il saurait le nom des plantes, il connaîtrait les animaux sans se livrer aux hideuses vivisections imposées aux enfants et aux très jeunes adolescents sous prétexte de biologie ; il apprendrait à donner les premiers soins aux blessés ; son éducation sexuelle comprendrait la présence à un accouchement, son éducation mentale la vue des grands malades et des morts.

On lui donnerait aussi les simples notions de morale sans laquelle la vie en société est impossible, instruction que les écoles élémentaires et moyennes n’osent plus donner dans ce pays.

En matière de religion, on ne lui imposerait aucune pratique et aucun dogme, mais on lui dirait quelque chose de toutes les grandes religions de ce monde, et surtout de celle du pays où il se trouve, pour éveiller en lui le respect et détruire d’avance certains odieux préjugés.

On lui apprendrait à aimer le travail quand le travail est utile, et à ne pas se laisser prendre à l’imposture publicitaire, en commençant par celle qui vante des friandises plus ou moins frelatées, en lui préparant des caries et des diabètes futurs.

Il y a certainement un moyen de parler aux enfants de choses importantes plus tôt qu’on ne le fait »

Marguerite Yourcenar

Texte proposé par Bernadette Murisier

17 août 2017

Communiqué au sujet des nouvelles révélations à Verbier

Bagnes: tenir ses engagements, restaurer la confiance

C’est avec consternation qu’Entremont Autrement a pris connaissance de la nouvelle affaire qui secoue la commune de Bagnes suite à la construction du parking souterrain des Marais Verts. Des soupçons de négligence des deniers publics, de non-respect de la loi sur les marchés publics et de nouveaux conflits d’intérêts avec certains promoteurs conduisent à penser que l’argent du contribuable n’est peut-être pas toujours été dépensé dans l’intérêt de la population.

Le Nouvelliste du 16 août pointe du doigt une nouvelle affaire de négligence dans la gestion de la commune de Bagnes. Après « l’affaire des constructions » qui avait fortement ébranlé la population et la commune en 2015 et 2016, les citoyennes et citoyens étaient en droit d’attendre une gestion rigoureuse et un respect total des normes législatives en vigueur.

C’était tout du moins les engagements pris par les autorités alors en place. Cependant les informations révélées aujourd’hui indiquent que les faits reprochés datent de la précédente législature, mais seraient intervenus après les premières affaires des constructions.

Au vu des éléments aujourd’hui en sa possession, Entremont Autrement demande à la commune de Bagnes:

  • de faire preuve de la plus totale transparence dans la gestion de ce nouveau dossier, tant en matière de communication qu’en matière d’accès aux documents et sources,
  • d’expliquer rapidement pourquoi aucun appel d’offre n’a été lancé pour le mandat d’assistant au maître d’ouvrage (AMO), comme l’exige pourtant la législation en vigueur.
  • d’expliquer pourquoi de tels montants financiers (ou biens en nature) ont été octroyés à la promotion de la résidence Alex, alors que la commune ne profitait au final que peu des économies réalisées suite à l’engagement d’un AMO.
  • d’être totalement transparente dans le mandat d’expertise externe qui a été confié, afin de faire toute la lumière sur la gestion de ce dossier et de définir si les intérêts publics de la population ont été correctement défendus.
  • en tenant compte de la régularisation des dossiers de construction, de publier dans les plus brefs délais l’intégralité du rapport Bender-Veuthey promis de longue date, mais jamais divulgué.

Par ailleurs, le Conseil d’État sera saisi lors de la prochaine séance du Grand Conseil, afin d’inviter celui-ci à assurer avec diligence et sérieux son devoir de surveillance.

Enfin, le Ministère public du canton du Valais devrait lui aussi se saisir du dossier et évaluer rapidement et de manière transparente si des infractions susceptibles d’être poursuivies ont été commises.

Ces agissements, s’ils se confirment, sont graves et continuent de mettre à mal la confiance qu’ont les citoyen-ne-s dans leurs représentant-e-s politiques. Les engagements pris par les autorités communales de la précédente législature, pourtant déjà impliquées dans les premières affaires des constructions, doivent impérativement être tenus.

Le comité d'Entremont Autrement
par sa présidente Sophie Juon

16 août 2017

Au croisement d'une croix

La rédaction d'Entremont Autrement invite de temps à autres des personnalités politiques à s'exprimer librement sur un sujet de leur choix. Aujourd'hui c'est au tour de Barbara Lanthemann, présidente du Parti socialiste du Valais romand.

Traversé par la canicule estivale, le Valais somnolait. On parlait certes de vendanges difficiles après le gel et la grêle, mais rien ne semblait pouvoir sortir le canton de sa torpeur.

C’est alors que surgissait le lion Narcisse, tout énervé de son face à face forcé avec le crucifix suspendu dans sa chambre d’hôpital. Une diatribe digne du bonhomme, on aime ou on déteste, c’est ainsi. La presse, toute aussi prise d’un ennui profond, saisissait la balle au bond, certaine d’avoir là un sujet bien flambeur qui en agacerait plus d’un.

Un député-suppléant socialiste en rajoutait une couche, encore tout baigné de sa jeunesse vigoureuse et combattive. Il n’en fallait pas moins pour réveiller d’autres jeunes, ceux-là d’extrême-droite, pas encore remis de la fessée administrée par le peuple valaisan à leur idole, le dénommé « honoraire » (ah bon ?) méchamment renvoyé après 4 ans d’incapacité à gouverner. Les jeunes UDC donc publièrent sur Facebook les coordonnées du jeune socialiste pour encourager je ne sais qui à lui rendre, pourquoi pas, une visite de non courtoisie à l’occasion.

Le réseau social n’a pas apprécié la méthode, bloquant la page des jeunes excités. S’en suivent depuis les commentaires des uns et des autres, offensés ou non, donneurs de leçons et autres penseurs du moment...

Un dimanche soir au pensionnat près de Dijon, quand rentraient du week-end les parisiennes et autres élèves pas trop éloignées du domicile familial, je fus prise d’un cafard terrible. Je n’étais, moi, pas rentrée depuis quelques semaines, la distance m’empêchait de faire mes valises tous les vendredis soir pour rejoindre ma Suisse natale. Une religieuse passant par-là me fit un sermon courroucé et me montrant Jésus suspendu à une croix, me fit remarquer que lui, contrairement à moi, ne pleurait pas sur son sort. Je répondais naïvement du haut de ma certitude d’enfant que lui ne pouvait plus pleurer puisqu’il était mort depuis bientôt 2000 ans. Ma franchise m’a valu une punition exemplaire, un passage à la chapelle et pas moins de chagrin.

Je verrais bien, moi, dans chaque chambre d’hôpital, un serment d’Hippocrate accroché au mur. Et pourquoi pas, la Convention des droits de l’Homme dans le tiroir de la table de nuit. Histoire de rappeler les fondements de l’Humanité qui, si on les analyse avec sincérité, ne s’éloignent pas tant que ça des principes chrétiens. Histoire aussi de rappeler à celles et ceux qui s’étouffent d’indignation en lisant Narcisse, s’indignent au moins tout autant quand un conseiller national UDC propose, la bouche en cœur, de ne plus prendre en charge certains soins médicaux pour des personnes de plus de 90 ans.

Comme le dit le proverbe, si l’habit ne fait pas le moine, dans la même veine, le crucifix accroché à un mur ne fait pas le chrétien pour autant.

Barbara Lanthemann
Présidente du PSVR

13 août 2017

Adhérez à Entremont Autrement

Entremont Autrement, ce sont des élus, des soirées publiques et un blog, mais c'est aussi une association qui vise à promouvoir le débat citoyen de manière constructive dans le district et au-delà.

Notre association a pour buts:
  • d’encourager les valeurs démocratiques et la diversité des opinions, le respect des minorités, l’égalité des chances, et la protection des plus faibles;
  • de promouvoir la rigueur et la transparence dans la gestion des affaires publiques;
  • de favoriser le développement durable (utilisation des ressources pour les besoins présents qui ne mette pas en danger la possibilité des générations futures de pouvoir tirer parti de ces mêmes ressources).
En adhérant à Entremont Autrement, vous participez directement à la vie de notre mouvement. Avec droit de vote lors de nos assemblées. De plus, vous recevez régulièrement et en primeur des lettres (électroniques) d'information sur nos actions.

La cotisation annuelle est fixée à 50.- CHF (80.- CHF pour les couples). Par cette modeste participation, vous nous permettez de financer nos différentes campagnes et nos soirées publiques. La liste de nos membres est strictement confidentielle.


Comment adhérer?
  • via email à l'adresse entremont.autrement[arobase]gmail.com
  • via courrier à l'adresse: Association Entremont Autrement, Prarreyer 16, 1947 le Martinet-Prarreyer

11 août 2017

Drames en Méditerranée

Hier soir, j’étais tranquille chez moi et je reçois un téléphone de démarchage d’une association de protection de l’environnement et de la biodiversité mondialement connue et dont je suis membre.

La dame au bout du fil me remercie pour tous mes dons précédents (j’ai versé de l’argent pour sauver les baleines, la banquise, les fonds marins, les orangs outans et j’en passe….) et me demande si je peux faire un geste pour la nouvelle campagne de sensibilisation de l’association: la lutte contre les micro-particules de plastique. Elle m’explique bien gentiment que les vacanciers sur les plages de la mer Méditerranée ont l’impression que la mer est propre, mais en fait elle ne l’est pas parce que des millions de tonnes de micro-particules de plastique flottent dedans et la polluent. Ces micro-particules qu’on ne voit pas sont pourtant un réel problème pour les poissons et la faune; ces micro-particules tuent les dauphins, les tortues et les autres animaux qui échouent sur les fonds marins ou sur les plages.

Elle a 100 % raison cette dame; ce problème existe bel et bien et c’est un vrai danger pour la survie des dauphins, tortues et autres animaux peuplant la mer.

Mais, chaque fois qu’elle parlait de ces micro-particules flottant dans la mer et que personne ne voit, je pensais à ces êtres humains traversant la mer Méditerranée sur des canots pneumatiques et que nous ne voulons pas voir! Chaque fois qu’elle parlait de la vie et de la mort des dauphins, étouffés par ces micro-particules je pensais à ces personnes, prêtes à tout sacrifier, y compris leur vie, pour avoir une chance d’arriver sur nos plages. Quels paradoxes… A quand une vraie prise de conscience des drames qui se jouent pas très loin de chez nous? Le premier pas pour sauver ces gens désespérés n’est-il pas de reconnaître leur souffrance et de comprendre leur désir fou de changer de rive? Peut-être ce regard sans a priori pourrait nous aider à leur venir en aide de manière plus efficace, en les accueillant de manière plus large chez nous et en améliorant leurs conditions de vie chez eux.

J’ai gentiment expliqué à cette dame que sa demande tombait mal à propos et que je n’allais pas verser d’argent pour la lutte contre les micro-particules mais que j’allais le garder pour des causes plus humaines.

Sophie Juon
Présidente d'Entremont Autrement

9 août 2017

La révolution automobile est en marche


La prochaine grande révolution technologique du XXIe siècle est sur le point de bouleverser nos habitudes. La voiture à essence est peut-être en train de vivre ses dernières années de toute-puissance. Le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, a annoncé au début juillet la fin de la voiture à pétrole en France d'ici 2040. En fait, cette annonce n'est qu'une étape dans un processus qui s'est enclenché il y a de cela quelques années. Les prototypes de voiture électrique existent depuis plus de vingt ans, le traditionnel Salon de l'Auto de Genève ne cesse d'ailleurs d'annoncer d'édition en édition l'arrivée imminente sur le marché de modèles tout public. La majorité des constructeurs automobiles vendent déjà des véhicules électriques depuis longtemps, ils étaient néanmoins cantonnés à un marché de niche, haut de gamme, donc pas à la portée de tout le monde. Cette situation est en train de changer; toutes les semaines les géants du secteur annoncent des voitures sans pétrole en entrée de gamme. Cela sera certainement le grand changement de la décennie à venir. Et il ne s'agit pas d'une transition qui ne concerne que les pays riches, la Chine et l'Inde investissent massivement dans les technologies clefs et promettent des véhicules parfois en-dessous de 5'000.- $.

L'abandon programmé du pétrole est évidemment une chance pour l'environnement. Les voitures seront plus propres, moins polluantes. Moins bruyantes aussi. A l'échelle de la planète, cela fait une différence. Qu'on ne s'y trompe pas cependant, la production de ces véhicules et des indispensables batteries qui les alimenteront pose de nouveaux défis écologiques. Un seul exemple: le recyclage des batteries au lithium en fin de vie n'est pas encore résolu.

Cette transition technologique quasi certaine pourrait avoir un effet géopolitique non négligeable. Le Moyen-Orient aujourd'hui grand producteur de pétrole, ce qui lui assure un poids indéniable sur la scène internationale, pourrait voir son étoile pâlir. La dépendance des économies occidentales à l'or noir a longtemps permis à des régimes douteux de prospérer, dans une relative connivence imposée par des besoins en pétrole démesurés. On ne se fâche pas avec ses principaux fournisseurs. Les pays du Golfe n'ont pourtant pas trop de souci à se faire dans l'immédiat, la transition annoncée ne se fera pas partout à la même vitesse et de gros secteurs consommateurs de pétrole, le transport naval et aérien, ne sont pas encore en mesure de se passer de cette ressource. Un indice quand même de la crise latente pour ces pays: l'OPEP a ordonné dernièrement la diminution de la production pétrolière afin de provoquer une hausse du prix du baril. Cette mesure n'a pourtant pas permis d'inverser la tendance baissière des prix. Pour les émirats dépendants aux pétrodollars c'est une vaste raison d'inquiétude.

Principales réserves mondiales de lithium

La lente disparition du pétrole voit surgir une nouvelle ressource phare. Les voitures électriques doivent être équipées de batteries beaucoup plus volumineuses et performantes que celles de leurs ancêtres. Le lithium en est aujourd'hui l'élément indispensable. Les plus grandes réserves mondiales de ce métal sont situées en Amérique du Sud, au Chili (région d'Atacama) et en Bolivie (sous le salar d'Uyuni), d'autres gisements importants ont été trouvés dans la région du Tibet (cela explique-t-il partiellement l'intérêt de la Chine pour ce territoire?) et en Amérique du Nord. Les pays possédant cette précieuse ressource verront inévitablement leur poids sur la scène internationale croître au fur et à mesure que les véhicules électriques se démocratiseront. Evo Morales, le président bolivien, annonçait l'an dernier que son pays vivait d'ores et déjà la plus forte croissance économique de l'Amérique méridionale. Les gigantesques réserves de lithium sous le désert d'Uyuni sont actuellement encore préservées. Il faut dire que le site est absolument magnifique et qu'il attire de plus en plus de touristes appréciant ce grand espace blanc.
On le voit donc, les bouleversements technologiques sur le point de survenir pourraient avoir un impact majeur sur la géopolitique mondiale.

Vue de l'incroyable désert de sel d'Uyuni en Bolivie, plus vaste que toute la Suisse romande...

En plus des changements industriels et politiques, on pourrait également voir une profonde évolution des comportements sociaux. Parallèlement aux efforts des constructeurs automobiles, les géants californiens de l'informatique investissent massivement dans le développement de véhicules autonomes, c'est-à-dire sans chauffeur. Si Tesla a pu jouer le rôle de précurseur dans ce domaine, Google est très avancé sur le sujet et ses "Google cars" sillonnent déjà les routes de l'état du soleil depuis plusieurs années pour recueillir des données de navigation et améliorer leur logiciel de conduite. Après des mois de "no comment", Tim Cook, le PDG d'Apple a admis que son groupe travaillait également sur un véhicule sans pilote.
Ces technologies qui semblent encore un peu futuristes combinées avec les avancées dans le domaine électrique pourraient révolutionner totalement la manière dont on se déplace. Le temps perdu dans les transports pourrait tout à coup s'avérer beaucoup plus productif si on libère le chauffeur des contraintes de la conduite. De même, y aura-t-il vraiment toujours un intérêt à posséder une voiture par ménage alors que l'on pourra peut-être réserver via internet un véhicule qui arrivera automatiquement devant notre maison à l'heure souhaitée? La révolution technologique frôle ici la science-fiction.

Vision des voitures autonomes du futurs? 

Dans ce nouveau puzzle qui se met en place, la Suisse peut tirer son épingle du jeu. Elle possède des compétences reconnues dans la production et la gestion de l'énergie. La recherche fondamentale menée actuellement dans les hautes écoles (notamment les EPF, mais pas seulement) est absolument centrale si l'on veut que notre pays puisse se positionner favorablement dans le monde post-pétrole.

Tout changement technologique majeur a impliqué une modification en profondeur de nos modes de vie, que l'on pense à l'invention de l'imprimerie ou à la révolution industrielle. La prochaine révolution ne devrait pas faire exception. A nous de penser et dessiner le futur que nous souhaitons en prenant en compte cette nouvelle donne.

J. Lovey

7 août 2017

Sic transit gloria mundi...

Depuis les dernières élections cantonales, on était sans nouvelles (ou presque) de la section entremontante de l'UDC.

Une petite visite de courtoisie sur leur site internet, nous indique que la page est introuvable. Pause post-électorale? Transfert vers une nouvelle adresse (on voulait dire migration, mais...)?



Renseignements pris auprès du président et chef de campagne Kevin Pellouchoud, nous sommes en mesure de vous informer que l'UDC ne compte plus de section en Entremont. Celle-ci a été dissoute. Elle n'aura donc pas résisté à la démission de son leader qui avait été annoncée avec fracas au soir du 19 mars dernier sur les réseaux sociaux.

A noter que l'UDC compte encore un conseiller communal à Bagnes (Yves Bruchez) et un député-suppléant de Sembrancher (Grégoire Emonet).

C'est donc une page qui se tourne (provisoirement?) dans l'histoire politique du district.