24 juillet 2017

Entremont Autrement et la parité hommes-femmes

Notre mouvement milite depuis son origine en 2008 pour une équitable représentation des hommes et des femmes en politique. Pas forcément favorables à un système de quotas, nous préférons être attentifs à un équilibre au sein de notre mouvement lorsque nous constituons nos listes électorales ou procédons à des nominations internes.

Faisons un rapide bilan de la parité au sein d'Entremont Autrement:


Notre comité directeur, composé de sept membres, compte 3 femmes et 4 hommes. La parité est ici presque respectée. A noter que nous sommes le seul mouvement politique du district a avoir une présidente (Sophie Juon).

Par contre, notre comité élargi (comité directeur + élus + coordinateurs locaux) qui se compose de 19 personnes, dont 10 femmes et 9 hommes offre une courte majorité aux dames.

Au niveau des élus, le constat est moins réjouissant. Sur douze élus (Grand Conseil, conseils communaux et Conseil général de Bagnes), notre mouvement compte 4 femmes et 8 hommes. Cela est globalement conforme à la proportion de femmes et d'hommes que nous avons présentés sur nos listes. Nous avons pu constater que, malgré nos efforts, il est plus difficile de convaincre les femmes de se présenter à une élection.


Au niveau de nos membres cotisants, nous comptons 47% de femmes et 53% d'hommes. Sur ce ratio (au déséquilibre mineur), nous n'avons bien entendu que peu de prise, dans la mesure où nous acceptons toutes les personnes qui le souhaitent et qui adhérent à nos statuts et à nos valeurs.

Au-delà de ce bilan chiffré, la parité ne se résume pas à des pourcentages dans un tableau, mais au rôle concret accordé aux femmes. Il est facile de présenter des statistiques avantageuses tout en cantonnant les femmes à des postes subalternes.

Chez Entremont Autrement, il n'y a pas de plafond de verre. Notre comité est présidé par une femme et de nombreux postes importants sont occupés par des femmes (finances, gestion des membres et du recrutement, coordination des sections locales).

La rédaction

20 juillet 2017

Intérêt public prépondérant ou soutien inéquitable à des privés ?

Dernièrement sur notre blog, un anonyme s'étonnait du soutien par le Grand Conseil du Plan de Développement Régional (PDR) destiné à assurer l’avenir de notre agriculture de montagne et la valorisation des ressources agricoles. En effet, constatant que des entités privées étaient soutenues dans le cadre de ce plan, il s’interrogeait sur l’utilisation de la manne publique à cette fin. 

Aujourd’hui, il apparaît important de préciser que le secteur de l’agriculture est effectivement subventionné de manière importante alors qu’il est privé. Ceci s’explique d’une part par une volonté politique de conserver une certaine autonomie alimentaire et d’autre part par la rude concurrence internationale à laquelle aujourd’hui notre agriculture est soumise. En effet, chaque année, le nombre de personnes employées dans le secteur agricole n’a de cesse de diminuer. Les exploitants sont aussi de plus en plus âgés: 55,4% sont âgés de plus de 50 ans, selon les relevés de l’Office fédéral de la statistique (OFS), et plus du tiers ne disposent pour l’instant d’aucune perspective de relève. Fort de ces constats, il est donc possible de constater que l’agriculture traverse une période de profonds changements que l’Etat se doit d’accompagner en développant des mesures propices à conserver des produits locaux de qualité, offrant si possible une plus-value touristique.

Dans le cadre du Plan de Développement Régional (PRD), il ne s’agit pas ici de soutenir des entités privées développant des bénéfices records mais bien de proposer des mesures de soutien qui s’accompagnent de contreparties, comme c’est habituellement le cas en matière de subventionnement public.

En somme, même si on peut saluer la volonté de questionner l’engagement financier de l’Etat, il apparaît ici important de prendre en compte la maxime qui veut qu’il n’y ait pas d’engagement de deniers publics sans contreparties (dans le cas présent il s’agira sûrement de demander aux prestataires des garanties en termes de qualité des produits et des prestations).

Il est toutefois légitime de se demander si le soutien de l’Etat et des communes s’accompagne toujours de ce type de contreparties équitables lorsqu’il s’agit d’aménagements publics ou de densification. Il est certain que les différents élus d’Entremont Autrement continueront de s’engager pour que ce soit le cas.

Pierre Troillet
Conseiller général à Bagnes

19 juillet 2017

Résidents sans cité*

En Suisse, nous avons la chance de vivre dans une démocratie.

Vraiment?

D’après l’Office fédéral des migrations, en 2010, 1,7 million de personnes d’origine étrangère vivent en Suisse (soit 22% de la population). La plupart d’entre elles sont parfaitement familiarisées avec les us et coutumes locaux: 860'000 d’entre elles vivent dans notre pays depuis plus de 10 ans et 350'000 sont même nées dans notre pays. Aucune d’entre elles n’a le droit de vote.

La commune de Bagnes compte parmi ses résidents 45 % de bourgeois de Bagnes, 10% de Valaisans "non-bourgeois" et 15 % de Confédérés. Le solde des habitants, 30%, correspond à la population étrangère au bénéfice d'un permis B ou C.  Parmi ces 30%, 16.39 % sont détenteurs d’un permis C. Aucun d’entre eux n’ont le droit de vote. (Source)


Tous ont des devoirs.
Les personnes dont je parle ici sont certains de nos amis d’enfance. Ils sont d’origine étrangère mais leur accent bagnard prouve qu’une partie de leurs racines sont ici. Ils ont suivi les cours de civisme au cycle d'orientation, mais n’ont jamais eu l’occasion de prendre part aux décisions politiques de leur commune. Nos collègues que nous connaissons depuis 20 ans, qui participent à la vie économique de la commune, qui paient leurs impôts mais à qui nous ne demandons jamais leur avis. Nos conjoints qui ont créé un foyer ici. Nos amis qui sont tombés amoureux de cette vallée et qui ont choisi de faire leur vie ici. Nos serveuses, nos secrétaires, nos maçons, nos pompiers, nos médecins, nos cuisiniers, nos professeurs, nos…, nos…

Toutes ces personnes vivent ici mais n’ont pas de voix.
Il est temps que ces personnes sans passeport à croix blanche soient écoutées. Que leur potentiel et leur savoir-faire soient mis au profit de la société. Que nous, citoyens, comprenions ce qu’elles nous apportent; que nous comprenions que la participation politique constitue un facteur important de cohésion sociale.
A son article 39 alinéa 1, la Constitution fédérale dispose que les cantons règlent, dans leur Constitution, l’exercice des droits politiques pour les questions cantonales et communales. Ce qui signifie que chaque canton et chaque commune peut édicter ses propres réglementations dans le cadre de ce droit cantonal. Certains cantons tels que Appenzell-Rhodes extérieures, Bâle-Ville et les Grisons prévoient une telle possibilité, en conférant aux communes la compétence d’accorder à la population des droits politiques sur le plan communal. Ce n'est malheureusement pas le cas en Valais. Une Constituante valaisanne pourrait décider d'accorder ce droit de cité, à certaines conditions, aux personnes étrangères.

Marie Oreiller
Conseillère générale à Bagnes

* au sens de "polis", la cité grecque, communauté de citoyens

16 juillet 2017

Ranking des parlementaires

Le SonntagsZeitung a publié ce dimanche le ranking des conseillers nationaux et aux états par rapport à leur influence à Berne.
« Le classement tient compte de la position des élus au sein des commissions et dans les partis. Les motions et autres postulats déposés sont comptabilisés, de même que la présence dans les médias. On tient compte de leur engagement dans divers mandats extérieurs. Et leur réputation est évaluée. » précise 24H aujourd’hui.

240 parlementaires sont classés sur 246, les Valaisans obtiennent ces rangs:

18. Viola Amherdt
42. Philippe Nantermod
67. Jean-René Fournier
122. Mathias Reynard
...
127. Yannick Buttet
151. Jean-Luc Addor
198. Beat Rieder
199. Franz Ruppen
240. Géraldine Marchand-Balet qui termine en dernière position.

Ni Roberto Schmidt ni son remplaçant Thomas Egger en fonction depuis un mois ne sont classés.

Quand l’appétit des caisses relègue Pantagruel au rang d’anorexique

Ignazio Cassis, candidat tessinois au Conseil fédéral
Alors que la majorité de la Commission de la sécurité sociale et de la santé du Conseil national (CSSS-N) compte une majorité d’élu-e-s ayant des liens d’intérêt avec les caisses d’assurance-maladie; alors que le président du Conseil des Etats, Ivo Bischofberger (PDC/AI), est membre du « Groupe de réflexion santé » du Groupe mutue ; alors que le premier citoyen du pays, le président du Conseil national Jürg Stahl (UDC/ZH), est membre de la direction du Groupe mutuel; il semblerait que les lobbyistes des caisses ressentent un irrépressible besoin de renforcer leurs positions.

Et pourtant, les assureurs semblent déjà bien implantés et leurs intérêts largement et vivement défendus sous la coupole fédérale. Si les besoins de réformes sont pourtant bien présents dans les dossiers liés à la LaMal et à l’assurance obligatoire des soins (AOS), les Chambres fédérales ne s’emparent de ces questions que lorsque le choix ne leur est vraiment plus laissé. Les élu-e-s bourgeois s’assurant alors que les lignes de front ne bougent quasiment pas et que le dossier s’enlise. 

Mais cela ne semble toujours pas suffisant, l’appétit des assureurs ne connaît donc aucune limite, reléguant les célèbres Pantagruel et Gargantua au rang d’anorexiques. Le Conseil fédéral est désormais en ligne de mire pour Curafutura, association fondée par la CSS, Helsana, Sanitas et CPT et surtout présidée par un certain Ignazio Cassis (PLR /TI), dont le nom ne cesse de revenir sur le tapis pour la succession de Didier Burkhalter.

Le Tessinois jure ses grands dieux qu’il n’est pas sous influence et tente de jouer la transparence, en annonçant qu’il perçoit la modique somme de CHF 180'000 annuels dans cette fonction de président (en oubliant au passage de préciser le taux d’activité que ces CHF 15'000 francs mensuels représentent).

Nous verrons donc en mois de septembre si, en plus de la Présidence des deux Chambres et de la majorité absolue de la CSSS-N, les caisses maladie s’installent durablement au gouvernement. Il reste à espérer que cela n'aille pas de soi pour tout le monde.

Gaël Bourgeois
Député au Grand Conseil valaisan

14 juillet 2017

Une nouvelle coordinatrice EA à Bagnes

Le mouvement Entremont Autrement a connu une très forte croissance ces derniers mois. A Bagnes, avec l'arrivée d'un conseiller communal, de six conseillers généraux et l'adhésion de nouveaux membres, il nous fallait renforcer notre structure sur place.

Le comité a procédé à la nomination d'Emeline Perraudin en tant que coordinatrice EA de la section de Bagnes. Emeline représentera notre mouvement auprès des autorités locales (notamment lors des périodes électorales) et gérera les affaires courantes de l'association.

En ce qui concerne le suivi des dossiers politiques, Pierre Troillet et Clotilde Perraudin ont accepté de prendre conjointement la gestion du groupe Entremont Autrement au sein du Conseil général de la commune. La nomination d'Emeline les libère ainsi des questions organisationnelles liées à la vie de notre antenne bagnarde et leur permet de se concentrer de manière optimale sur les dossiers. Nous les remercions pour leur engagement.

Nous tenons à remercier également toutes les personnes qui ont mis leur temps et leur énergie au service de notre section de Bagnes depuis plusieurs mois, que ce soit durant la période des communales ou dans les mois qui ont suivi.

Si vous êtes intéressé-e-s à rejoindre notre mouvement ou à collaborer avec nous de quelque manière que ce soit, n'hésitez pas à nous contacter via email à notre adresse entremont.autrement(arobase)gmail.com

Le comité


13 juillet 2017

Florian Alter est entré à la Commission de gestion

Il faut dire qu'après l'effervescence du mois de mars et la pause que nous nous sommes accordée juste après, on avait oublié une information importante!

Le député Entremont Autrement Florian Alter a été nommé à la Commission de gestion du Grand Conseil (CoGest). Cet organe assure la haute surveillance sur le fonctionnement des institutions valaisannes. La CoGest avait été citée à plusieurs reprises lors de la précédente législature en lien avec les fameuses affaires dont tout le monde se rappelle.

C'est un honneur pour un mouvement comme Entremont Autrement de pouvoir siéger dans une telle commission.

11 juillet 2017

Projet de développement régional du Grand Entremont


Le 8 juin 2017, le Grand Conseil approuvait à l’unanimité l’avant-projet et l’octroi d’un crédit-cadre en faveur du PDR Grand Entremont. Mais qu’est-ce que le PDR Grand Entremont? Et quel crédit-cadre est alloué à ce projet?

Le PDR (Projet de développement régional) Grand Entremont est un projet qui vise à valoriser les ressources agricoles au sens large. Ce projet implique de nombreux acteurs de différents domaines touchant à l’agriculture du Grand Entremont. L’objectif recherché par les acteurs concernés est la création de valeur ajoutée.


Cela passe par l’amélioration des structures de production et la mise en valeur des produits agricoles. Dans le PDR Grand Entremont, les projets suivants ont été prévus:

  • Promotion et marketing: via divers moyens et actions ainsi que de l’engagement à temps partiel d’un coordinateur.
  • Filière lait: projets de construction d’une nouvelle laiterie à Orsières (impliquant notamment le regroupement de celles d’Orsières et de Somlaproz), de rénovation de la laiterie de Liddes et d’extension de celle d’Etiez.
  • Filière viande: projets de construction de deux locaux de découpe (à Bagnes et à Orsières).
  • Projets partiels privés: apiculture (centre d’extraction collectif, rucher école), transformation et séchage des plantes (adaptation des infrastructures existantes à Sembrancher), agritourisme (projets à l’alpage de Sovereu et au gîte rural Deslarzes à Bagnes, de "char à fondue" à Sembrancher et à l’alpage de la Combe de l’A.

Pour couvrir une partie des coûts liés à ces projets, un crédit-cadre de plus de 15 millions a été approuvé. Cette somme est accordée à hauteur d’environ 5 millions par le canton, d’autant par la Confédération, de 3 millions par des crédits de construction et de 2,6 millions par des crédits d’investissements.

Afin de pouvoir aller de l’avant dans ces différents projets (réalisation 2017-2022) et pour faire suite à la décision favorable du Grand conseil valaisan, l’APAGE (Association de la promotion de l’agriculture du Grand Entremont), porteuse du projet, devrait signer cet été encore, la convention avec la Confédération afin de finaliser ce PDR.

Dans la réussite de ce PDR Grand Entremont, il faut féliciter l’ensemble des acteurs de l’agriculture de notre région et relever l’excellent travail de coordination et de direction des porteurs de ce projet. Au bout de tout ce travail, le crédit-cadre approuvé sonne comme une belle récompense pour le travail réalisé et un bel encouragement pour le futur envers les agriculteurs de nos vallées. Par leur engagement de tous les jours, ces derniers participent activement au maintien de nos magnifiques paysages.

Au final, un grand bravo à tous les acteurs de cette magnifique réussite collective.

Urbain Gaillard
Conseiller communal à Orsières

3 juillet 2017

Péréquation financière intercommunale 2018

L’arrêté fixant les montants provisoires de la péréquation financière intercommunale servant à l’élaboration du budget du canton et des communes pour l’année 2018 est paru dans le B.O. de ce vendredi 30 juin 2017.


Pas de gros bouleversements par rapport aux données des 4 dernières années. En tenant compte de la péréquation des ressources ainsi que de la compensation des charges, sur les 126 communes valaisannes, 20 devront mettre un montant à charge dans leur budget 2018.

La commune de Bagnes reste indéboulonnable en tête des communes contributrices en chiffre absolu. Avec 7'199'743.- elle versera davantage que ses 3 poursuivantes réunies qui restent Crans-Montana 2'848'950, Lens 2’346'432.- et Zermatt 1'626’884.-.

A l’autre bout de l’échelle, Fully conserve également sa place de commune la plus bénéficiaire en chiffre absolu avec quelques 3’3129’992.- qui devraient lui revenir. St-Maurice 2'920'055.- et Saxon 2'811'309.-, ses suivantes, n’ont jamais été aussi près de permettre à Fully de céder cette place de fond de classement.

En montant réparti par habitant, Zwischbergen reste intouchable avec 2'203.-/hab. à prévoir verser dans le pot commun de 2018. Bagnes avec 906.-/hab. passera seconde au profit de Finhaut 700.-/hab., ceci malgré une contribution par habitant à la baisse de 12.-.

A l’opposé, Guttet-Feschel 1'260.-/hab. reste la commune la plus bénéficiaire par habitant. Le reste du quarté étant légèrement modifié avec dans l’ordre, Blatten 1'060.-/hab., Eggerberg 934.-/hab. et Eischoll 929.-/hab.

La commune de Savièse devient quant à elle la commune ‘étalon’ de cette péréquation. Elle réussit ce que Brig-Glis a frôlé 3 ans de suite. Soit 0.-/hab. pour la péréquation des ressources et 0.-/hab. pour la compensation des charges. Malgré ce double 0, Savièse se retrouvera tout de même dans les communes bénéficiaires pour un tout petit boni total de 3.- à mettre au budget communal 2018.

Pour notre district, après 3 années en solitaire, Bagnes se retrouve à nouveau accompagnée de Bourg-St-Pierre (53.-/hab) dans la liste des communes contributrices. Orsières, avec ses plus de 3'100 habitants restera la commune entremontante la plus bénéficiaire en chiffre absolu en dépassant pour la première fois le million de francs (1'001’496.-). Vollèges (555.-/hab.) devient quant à elle, celle qui recevra le plus gros montant par habitant au dépend de Liddes (501.-/hab.) qui cède enfin sa place.

Au final, le but de cette péréquation financière intercommunale reste de tendre vers une meilleure solidarité entre communes valaisannes ainsi qu’une répartition plus équitable des moyens entre celles-ci. But que je profite une nouvelle fois de louer.

Urbain

21 juin 2017

Aux origines du terrorisme

Le terrorisme semble faire de plus en plus partie de notre société et bien que chaque attentat soit condamné fortement, il apparaît presque que l’on s’habitue à les voir faire la une des journaux. Et si le 11 septembre résonne souvent dans nos têtes comme étant le premier attentat dont ma génération se souvient, il devient ainsi évident de lier terrorisme à islamisme. Mais l’histoire du terrorisme est longue et contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas l’islam qui l’a produit.

La Terreur, en France, sous Robespierre.
L’on peut retenir deux dynamiques dans le terrorisme. Celui pratiqué par un Etat et celui pratiqué par un groupe d’individus. La première mention du terme terrorisme intervient dans le cadre d’un terrorisme étatique et fait référence à la période de la Terreur en France au XVIIIe siècle et se définit comme un mouvement dressé contre les citoyens opposés à l’autorité. La guillotine révèle toute son efficacité et a donc pour fonction de terroriser la population et ainsi tout individu qui peut potentiellement se dresser contre un pouvoir établi. Le tout est repris dans d’autres types de régime, le but étant de dissuader par la terreur et la violence toute rébellion: le nazisme et le bolchévisme en ont été des exemples probants au XXe siècle encore. Ce terrorisme étatique se caractérise alors par un besoin de légitimité par la violence, il assoit son autorité en détruisant ce qui s’oppose à lui et permet ainsi d’imposer une norme intolérable mais obligatoire pour les personnes opprimées.

Massacre de Haymarket Square à Chicago
Le terrorisme particulier est quant à lui tout aussi répandu dans l’histoire de l’Europe. On peut relever plusieurs cas intéressants dans l’histoire européenne et souvent ils sont la contestation d’une norme établie qui défavorise les terroristes ou qui est identifiée comme injuste. Spartacus, l’esclave romain, gladiateur, qui mène une rébellion contre l’oppression romaine est une sorte de terroriste. Il remet en cause la norme sociale dominante. Ce n’est certainement pas par hasard que l’aile gauche du parti social-démocrate allemand du début du XXe siècle a pris ce nom: Spartakus. Le groupe est finalement anéanti par divers assassinats commandés par le SPD, alors au pouvoir sous la République de Weimar: il s’agit là d’une certaine forme de terrorisme étatique, si l’on veut. Mais le terrorisme particulier est déjà très présent au XIXe siècle, notamment dans la frange anarchiste qui se développe. Certains anarchistes se mettent en effet à poursuivre un but de violence pour imposer leur idée et le tout dirigé généralement contre la classe bourgeoise, identifiée comme la classe sociale au pouvoir, ainsi que contre les monarchies encore en place. Les Ravachols, la bande à Bonnot, et autres, tous ces anarchistes mènent des attentats contre le parlement français, voire contre les présidents de la République. Quelques années plus tard, ce sont les anarchistes espagnols qui font exploser des marmites remplies de clou au milieu de foules immenses. On connaît également ce type d’attentats aux USA dont le plus célèbre se déroule à Chicago en 1886, le massacre de Haymarket Square, dont on ne sait finalement pas s’il est la faute d’anarchistes condamnés à mort ou d’une organisation paramilitaire anti-anarchiste. La notion de terrorisme particulier s’inscrit donc dans une dynamique de contestation de l’autorité établie par un petit groupe qui n’est généralement pas soutenu par une base populaire, mais qui est au contraire très marginalisé.

Le terrorisme n’est pourtant pas évident à définir. Ce qui apparaît à nos yeux comme n’étant pas du terrorisme pouvait être présenté comme tel auparavant. Les résistances de la Seconde Guerre mondiale ne sont plus considérées à proprement parler comme relevant du terrorisme. Pourtant la propagande nazie et du régime de Vichy les identifiait comme telles.

Attentat perpétré par l'IRA en Irlande.
Mais tout au long du XXe siècle, les terroristes sont restés omniprésents, même avec la fin de l’anarchisme. Que dire de la politique de la chasse aux sorcières aux USA? Des indépendantistes irlandais? Le terrorisme islamiste n’est pas neuf non plus. Mais parmi tous ces terrorismes précités, on peut relever plusieurs traits communs : l’opposition à une norme, le sentiment de rejet d’une part de la société, le fondamentalisme sur lequel ils s’appuient. Finalement le terrorisme est quelque chose voulue par une poignée de personnes et il n’est pas question d’en faire un mouvement large, ayant un fort appui populaire.

Ainsi le terrorisme n’est pas historiquement lié à l’islam et peut se manifester dans de nombreux contextes: religieux, profanes, de gauche ou de droite, gouvernementaux ou particuliers. Être musulman n’équivaut pas à être fondamentaliste. L’importance dans des cas de terrorisme est d’ouvrir le dialogue avec les populations qui sont amalgamées à ce terrorisme. Isoler ces populations relève de la bêtise, la méfiance de l’ignorance. Un centre universitaire a ouvert à Fribourg dernièrement, le Centre Suisse Islam et Société. Son but, sur mandat de la Confédération, est de comprendre les relations entre la Suisse et l’islam et de proposer des zones de dialogues et de formation continue. Ce genre de centre forme la société de demain, celle ouverte sur la différence des autres. Il a été accusé de former des imams et même dernièrement de former des terroristes! Mais qu’on se le dise bien, dans le cas où le dialogue est rompu par la méfiance que certains peuvent exercer à l’encontre de personnes n’ayant jamais rien fait, le geste devient alors une forme de terrorisme de la pensée à l’encontre de toute une partie de la population.

Le terrorisme est une réalité existant bien avant le 11 septembre, c’est une réalité avec laquelle nous vivons au moins depuis le XVIIIe siècle. Cela ne rend pas le terrorisme plus acceptable, mais il est remis dans son contexte, et pas amalgamé à l’islam. Dès lors, on peut comprendre que le terrorisme n’est pas lié à une religion ou à une pensée politique en elle-même, il est lié aux actes d’individus irresponsables, exclus et violents. Arrêtons donc de stigmatiser la communauté musulmane ou de craindre les femmes voilées. Soyons intelligents et sachons reconnaître qu’un citoyen suisse musulman intégré n’est de loin pas forcément un terroriste.

Jasmine Lovey