19 mai 2018

Les promesses du CIO, la réalité du terrain

Dans le Temps du 18 mai (en page 23), Christophe Dubi, directeur du CIO nous dit que pour Pekin 2022, le CIO met énormément l'accent sur le respect de l'environnement et sur la durabilité.


Dans LeMatin du 27.02.2018, on apprend que des collines sont redessinées pour y construire des pistes enneigées, que des millions sont notamment dépensés pour le raccordement à l'eau et les canons à neige qui est 100% artificielle, que des zones d'habitation sont rasées.

On apprend aussi que des milliers de paysans sont actuellement expropriés. Que le village de Taizicheng, où seront construits des logements pour les athlètes et une gigantesque gare, a déjà été rasé. Que les maisons en briques de Qipanliang, où habitaient 300 familles, sont désertées et attendent d'être démolies.

Je ne suis pas un expert du respect de l’environnement ni du développement durable. Mais vu d’ici, je n’ai pas l’impression que les actions sur le terrain donnent raison à M. Dubi.

Ce qui, une fois de plus, ne me m’aide pas à changer d’avis et trouver le CIO fiable.

Olivier Bender

18 mai 2018

Non à Sion2026, pour des questions de priorités

J’ai mis du temps avant de prendre position publiquement sur les Jeux olympiques de Sion 2026. D’une part, je souhaitais évidemment laisser les membres de mon parti s’exprimer par un vote interne avant de m’en mêler. Mais, surtout, je fais partie de ceux qui avaient de prime abord une certaine sympathie pour l’idée. Je suis un optimiste de nature et j’aime les beaux projets rassembleurs. Comme sportif et passionné de sports d’hiver, je m’engage depuis des années à Berne pour un soutien au sport, aux cours J+S et au développement du sport populaire et d’élite, mais aussi pour l’organisation de compétitions sportives en Suisse (Jeux olympiques de la jeunesse, Championnat du monde de hockey, Universiade d’hiver, …). J’étais encore récemment rapporteur au Conseil national en faveur de ces projets ainsi que d’un important crédit pour des installations sportives d’importance nationale.

Ce n’est qu’en épluchant le dossier et en suivant de près ce débat que je me suis forgé une opinion. Je suis aujourd’hui convaincu de la nécessité de voter NON le 10 juin prochain.

Cette position s’explique par de nombreuses raisons, dont notamment : l’incapacité du CIO à se réformer (tant dans le système d’attribution des Jeux que dans les méthodes mafieuses qui persistent), la fatalité des dépassements budgétaires (avec des dettes que nous serons seuls à rembourser) et le manque de transparence et le déficit démocratique (ni vote préliminaire, ni double majorité Sion/Valais).

Mais surtout, il s’agit pour moi d’une question de priorités. Après près de sept ans à Berne et plus de dix ans dans la politique valaisanne, je constate que les mesures d’austérité se suivent, année après année, tant au niveau cantonal que fédéral. Les coupes n’épargnent aucun domaine prioritaire : éducation, social, aide au développement, culture, … Il n’y a pas d’argent pour l’Ecole, pour les bourses d’études, pour la lutte contre l’illettrisme, pour l’AVS, pour les crèches, pour les subventions primes maladie, pour enfouir la ligne THT, pour nos agriculteurs de montagne, pour les prestations complémentaires, ...

La liste des domaines dans lesquels la rigueur budgétaire et les coupes ont prévalu ces dernières années est longue.

En revanche, comme par enchantement, on constate que les mêmes élus sont prêts à débloquer des montants énormes pour l’organisation de Jeux olympiques. C’est indécent. Indécent également de voir certains élus vanter les Jeux paralympiques alors qu’ils viennent de voter des coupes dans l’AI, les prestations complémentaires et l’intégration des personnes handicapées. Indécent d’entendre d’autres s’autoproclamer défenseurs des sports d’hiver alors qu’ils soutiennent au Parlement la baisse des crédits J+S et s’opposent à la mise sur pied de centres nationaux de sport des neiges. Indécent encore d’entendre un chantage autour du milliard de la Confédération, qui s’en irait pour les villes alémaniques en cas de « non ». Cela est un pur mensonge et, même répété en boucle, il n’en devient pas une vérité. Le processus budgétaire n’a pas débuté et, en cas de non du peuple, cet argent n’est absolument pas bloqué pour l’organisation d’un événement précis et peut être utilisé dans n’importe quel domaine. Ce sera au Parlement de définir les priorités.

Il est regrettable de constater que ce projet, qui se voulait rassembleur, divise les Valaisan-ne-s comme jamais. Le résultat du sondage ne m’a d’ailleurs absolument pas surpris. Derrière la quasi-unanimité des « élites » politiques, économiques et médiatiques du canton, la réalité est bien différente et l’écart ne cesse de se creuser entre eux et la population. Ni la propagande organisée depuis des mois sans aucune limite, ni les pressions ni les photos de bidon d’essence ne semblent efficaces face au scepticisme et au bon sens du peuple valaisan.

Mathias Reynard
Conseiller National

17 mai 2018

EA fait son entrée dans la cour des grands

Plusieurs médias suisses ont compilé un graphique pour montrer la répartition des sièges entre les partis et mouvements politiques dans les différents législatifs et exécutifs cantonaux.


Le parti le plus représenté dans les cantons est le PLR, suivi de près par l'UDC. Sans surprise, le PS et le PDC se hissent également dans le quarteron des principaux partis de Suisse.

C'est au détour de ce graphique que l'on voit la présence d'Entremont Autrement, au fond à droite. Il s'agit de notre député Florian Alter.

Nul doute qu'à l'avenir EA grimpera les échelons de ce classement.

Si on prend en compte les élus communaux, nous disposons aujourd'hui de 12 représentants du peuple dans les institutions politiques.

16 mai 2018

Olivier au 19:30 de la RTS

Olivier Bender, conseiller communal Entremont Autrement à Vollèges et membre du comité du NON aux Jeux Olympiques de Sion 2026, était interrogé par le 19:30 de la RTS ce soir.


14 mai 2018

Antoine dans le Peuple. Défense de l'Appel citoyen.

Le peuple.vs l'organe renouvelé du PS-Vr est un excellent magazine auquel on peut s'abonner et dont on peut retrouver on line les anciens numéros. Voilà pourquoi dans notre recension des articles parlant d'Entremont Autrement, ou rédigés par nos membres, nous ne vous les offrons pas in extenso mais nous vous recommandons de vous reporter à l'original, EN VOUS ABONNANT.

Dans le numéro 112 du vendredi 20 avril 2018, Antoine Cretton revient sur les conséquences de la votation en faveur de la nouvelle Constitution et démontre que l'Appel Citoyen prend tout son sens pour permettre de désigner au sein de la future Constituante des citoyens libres de toute entrave politique.





12 mai 2018

Appel de dons

Appel citoyen est un mouvement né en amont et dans la continuité de la votation sur la Constituante valaisanne. Ce groupe propose une véritable alternative citoyenne aux partis traditionnels et une chance pour chacune et chacun de se porter candidat à l'élection de l'assemblée constituante qui aura lieu en novembre prochain.

Aujourd'hui, ils font un appel aux dons sur leur plateforme internet afin de financer les frais inhérents à une campagne électorale.

Entremont Autrement s'est engagé depuis plusieurs semaines à soutenir ce mouvement populaire. Nous vous encourageons donc à faire preuve de générosité envers Appel citoyen.

Cliquez ici

Il est important que les personnes n'étant pas affiliées à un parti politique puissent être également représentées dans une future Constituante. N'hésitez pas à nous écrire si vous êtes intéressé-e-s par ce projet; nous vous mettrons volontiers en contact avec le comité d'Appel citoyen.

11 mai 2018

La loi suisse bafouée pour les beaux yeux du CIO

Sion2026 sera soumis à l’agenda 2020 du CIO. L’agenda2020, c’est ce nouveau modèle du CIO qui promet, avec 40 mesures, de limiter les coûts, de promouvoir le développement durable et de mettre l’éthique au centre (5 recommandations sur les 40 à ce sujet), entre autre.

Cet Agenda2020 réglerait tous les problèmes de confiance envers le CIO et offrirait à cette organisation une nouvelle virginité après la série d’affaires, de scandales, de malversations, de magouilles et autres forfaits indignes du statut que l’on peut attendre d’un tel mouvement (puisque c’est comme cela qu’il se définit).

Les Jeux Olympiques de Paris seront soumis au fameux Agenda2020 du CIO. Les Jeux de Paris devront se plier aux conditions des comités internationaux et de leurs sponsors. Si Sion devait être choisie, la Suisse se verrait donc dans l'obligation de créer – tout comme la France avec Paris2024 - une justice d'exception. C'est d'ailleurs écrit en toutes lettres dans l'article 33 de la charte olympique : «Les autorités publiques et le Comité national olympique doivent garantir que les Jeux olympiques seront organisés à la satisfaction du Comité international olympique et aux conditions exigées par celui-ci.»

Et oui, après un aménagement légal, le CIO pourra imposer ses conditions à Paris pour les JO de 2024. Un véritable régime d'exception qui permettrait de contourner la loi en matière d'aménagement du territoire ou d'environnement, par exemple.

Ainsi, Les villes où se dérouleront les Jeux devront céder gratuitement les titres d'occupation de l'espace public au Comité d'organisation des Jeux olympiques. Les partenaires commerciaux de ce comité pourront exploiter gratuitement l'espace public sans verser de redevance aux collectivités territoriales. Autant de ressources qui échapperont aux communes qui espéraient profiter de ces retombées économiques.

Idem pour «les constructions, installations et aménagements temporaires» qui se verront «dispensés de toutes formalités au titre du code de l'urbanisme». Et si l’on veut créer des installations permanentes ? Il faudra se contenter d'une enquête d'impact sur l'environnement simplifiée, ce qui permet d'avancer plus rapidement. Un article de la charte précise même que toutes les constructions futures prévues pour les JO bénéficient des mesures du code d'expropriation pour cause d'utilité publique «en vue de la prise de possession immédiate».

La revue Politis précise également que «pour faire plaisir aux sponsors et respecter leur partenariat avec le CIO», la publicité sera exceptionnellement autorisée là où elle est normalement interdite : des panneaux pourront ainsi orner les parcs naturels et les immeubles «classés ou inscrits au titre de monuments historiques». Foin du code de l'environnement et du patrimoine.

Au finale, rien ne bouge. Et difficile d’accorder le moindre millimètre de confiance au CIO.

Olivier Bender

4 mai 2018

Très chers Jeux Olympiques

Connait-on le vrai prix des Jeux de PyeongChang ? Bonne question, n’est-ce pas ?
En 2011, les chiffres de 7 à 8 milliards de dollars étaient articulés. Aujourd’hui, Le montant le plus souvent repris par les médias américains est un coût global de 12,9 milliards de dollars. Ainsi, le « théorème » du doublement de la facture des J.O. est, cette fois encore, vérifié.

En fait, nos amis coréens se retrouvent dans la même situation que nous, valaisans, avec la multiplication des budgets (opérationnel, d’infrastructure sportives et d’infrastructures non-sportives). Ainsi, faut-il prendre en considération la construction du nouveau terminal à l’aéroport à Séoul pour 4,6 milliards de dollars? Faut-il prendre en compte la ligne de train à grande vitesse qui relie Séoul à Gangneung et Seoul à Jinbu et qui a coûté 3,4 milliards de dollars ? Sans les Jeux, la construction de cette ligne n’aurait peut-être pas été un investissement prioritaire…Intéressant pour la région et les habitants, mais ayant un coût qui, invariablement, est payé par la même poche, celle du contribuable, indépendamment du tour de passe-passe comptable qu’on veut bien présenter à la population…La moindre des choses est donc de lui communiquer le vrai montant qu’il va payer, en toute transparence.

Pour Vancouver, les dépenses d’investissement auraient atteint 1,31 milliards de dollars tandis que les dépenses opérationnelles se seraient élevées à 1,269 milliards de dollars. Total 2.579 milliards de dollars. Dans le meilleur des cas. Selon d’autres sources, le coût total des Jeux aurait atteint 6 milliards de dollars, ou même 7,5 milliards…

Comment expliquer une telle disparité ?

Simple. Certains décomptes n’intègrent que les coûts opérationnels. D’autres – plus rigoureux – incluent la totalité des coûts. Ce qui n’est actuellement pas présenté par le comité de candidature valaisan, puisque seul un budget opérationnel nous est présenté (avec quelques mises à jour d’infrastructures sportives, minimes, nous dit-on, pour environ 80 millions, soit même pas 3.5% du budget organisationnel).

Il y a une autre raison pour laquelle le coût final des Jeux d’hiver est mal connu. Il faut plusieurs mois pour établir, après la compétition, la facture précise. Un délai suffisamment long pour que les médias se soient désintéressés de la question. Et comme il est toujours assez impopulaire d’annoncer des dépassements plus ou moins indigestes, les montants véritables sont rarement connus. D’autant plus que, le COJO étant dissout à cette date, il n’y a plus personne pour faire le sale boulot…

Quoi qu’il en soit, le problème reste un manque de garde-fous ne permettant pas de fabriquer des chimères une fois les Jeux obtenus, afin de montrer au reste du monde à quel point nous sommes beaux, bons et forts. La fameuse vitrine mondiale.

A ce propos, Frédéric Favre a pris l'exemple – dans ses séances d’information itinérantes - d'une décision qui a fait polémique en Corée: le choix de construire un stade olympique provisoire et démontable de 35 000 places destiné à héberger les seules cérémonies d’ouverture et de clôture (alors qu'à quelques kilomètres - il a cité la distance de Sion à Conthey - un autre stade, genre Tourbillon, était disponible). Le CIO avait validé l'option du "vieux stade" et n'obligeait en rien la construction du nouveau "plus beau pour être montré au monde". Même si l’option d’un stade provisoire est défendable, la facture de 60 millions de dollars est salée, car inutile.

D'où mes demandes multiples de mettre en place des garde-fous inviolables, permettant d'éviter que, pour la gloriole, ces investissements "avec l'argent des autres", se fassent.

Olivier Bender